Circulation thermohaline

La circulation thermohaline ne peut être dissociée des forces géostrophiques s’exerçant sous l’effet des ondes baroclines quasi-stationnaires. Elle est mise en évidence à la manière dont l’onde gyrale s’oriente vers les pôles après avoir quitté le gyre.

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Dans l’Atlantique nord le courant modulé associé au second ventre s’oriente vers le nord-est au-delà de 40°W pour former le courant de dérive nord Atlantique. Dans l’hémisphère sud les courants modulés associés aux 3 gyres sous-tropicaux se confondent avec le courant circumpolaire Antarctique. Particulièrement puissant est l’Agulhas au sud de l’Afrique, dont la vitesse maximale atteint 0,10 m/s pour les deux périodes (0,5 et 8 ans), comparable au Gulf Stream ou au Kuroshio. La dérive vers le sud du courant modulé circumpolaire laisse deviner une circulation thermohaline active, plus diffuse que dans l’Atlantique nord. Que ce soit au nord de l’Atlantique ou le long de l’Antarctique, la circulation thermohaline se comporte comme un trop-plein sous l’effet des forces géostrophiques nées des ondes gyrales aux latitudes moyennes.

Mais la dérive vers le pôle de l’onde gyrale ne peut se produire dans le Pacifique nord qui est virtuellement fermé par le détroit de Béring. Aussi dérive-t-elle vers l’est en suivant les parallèles 35-40°N, formant le courant de dérive nord Pacifique, comme le montre l’anomalie thermique de surface pour la période de 8 ans: associée au ventre de l’onde stationnaire extérieur au gyre, elle dérive jusqu’à la latitude 150°W tandis que l’anomalie thermique associée au demi-cycle précédent, en opposition de phase, s’étend le long de la côte nord-ouest de l’Amérique du nord. Contribuant en premier lieu au climat de l’Amérique du nord-ouest, elle dérive ensuite vers le sud-ouest autour du gyre sous-tropical, se confondant avec les anomalies thermiques de longue période. En l’absence d’exutoire, le courant modulé est partiellement dévié vers l’hémisphère sud via les courants modulés associés au quatrième mode méridien de l’onde de Rossby piégée par l’équateur, c’est à dire le Contre-Courant Nord Equatorial et le Courant Sud Equatorial, ce dernier alimentant les courants de bord ouest s’écoulant vers le nord et vers le sud.